
Guide du matériel
Dernière mise à jour : 13 septembre 2026. Ce guide décrit le matériel. Il n'explique pas comment tirer.
Un arc n'est pas un objet unique : c'est un assemblage de pièces qui portent chacune un nom, et dont plusieurs se règlent. Ce guide les nomme, les situe sur une photo, et dit à quoi chacune sert.
Il n'explique pas comment tirer. La position, l'allonge, la décoche et la visée s'apprennent avec un entraîneur, sur le pas de tir, en te regardant — pas dans un texte. Ce guide sert à comprendre ce que tu as dans les mains et ce dont on te parle.
Les photos sont prises de côté, l'archer à droite et la cible à gauche. Les numéros renvoient à la liste qui suit chaque photo. Les noms sont exactement ceux que tu retrouveras dans Mon matériel : une pièce porte le même nom partout sur le site.
L'arc classique
C'est l'arc des Jeux olympiques, et le plus répandu en club. Il se démonte : une poignée, deux branches, une corde. Cette modularité est ce qui le rend accessible — on garde sa poignée et on change de branches en progressant.

Poupée supérieure
L'extrémité renforcée de la branche, entaillée d'une gorge où se loge la boucle de la corde. C'est elle qui encaisse toute la tension : une poupée fêlée ou écrasée condamne la branche.
Branches
Les deux lames qui emmagasinent l'énergie. Elles se montent sur la poignée et se changent seules : leur longueur (en pouces) et leur puissance (en livres, mesurée à 28 pouces d'allonge) définissent l'arc bien plus que la poignée. Un archer qui progresse change de branches, pas d'arc.
Corde
Elle relie les deux extrémités des branches. Son nombre de brins change sa grosseur et sa vitesse. Elle porte le point d'encochage, et c'est elle qui s'use en premier : on la remplace régulièrement.
Poignée
La partie centrale, celle qu'on tient. Elle porte les branches, la fenêtre, le viseur et la stabilisation. Sa longueur (23 ou 25 pouces le plus souvent) entre dans le calcul de la longueur totale de l'arc. Le creux où se pose la main s'appelle le grip.
Œilleton
La pièce au bout de la potence du viseur, celle par laquelle on vise réellement. En arc classique c'est un simple anneau : ni lentille, ni grossissement. Certains y ajoutent un fil ou un point coloré pour mieux centrer.
Viseur
Une potence tendue vers la cible, au bout de laquelle un œilleton se déplace en hauteur et en largeur. On le règle pour chaque distance, et on note ses repères — le site le fait dans Mes repères de viseur. Le viseur ne grossit pas : un seul point de visée est autorisé en arc classique.
Fenêtre d'arc
L'échancrure creusée dans la poignée, juste au-dessus du grip, par laquelle la flèche passe. C'est là que se montent le repose-flèche, sur lequel la flèche repose, et le berger button, un petit piston à ressort contre lequel elle s'appuie latéralement.
Protège-bras
Une plaque ou un manchon sanglé sur l'avant-bras qui tient l'arc. Il protège du claquement de la corde au départ de la flèche, et il aplatit la manche pour qu'elle ne s'y accroche pas.
Stabilisation
Des tiges vissées dans la poignée, lestées à leur extrémité. Elles ne servent pas à viser mais à amortir : elles ralentissent les mouvements de l'arc et absorbent les vibrations du départ de la flèche. Une longue vers la cible, souvent deux latérales plus courtes.
V-bar
La pièce en V vissée sous la poignée, où les tiges se rejoignent. Elle donne leur écartement et leur inclinaison aux deux latérales : c'est par elle qu'on change l'équilibre de l'arc dans la main.
Stabilisateurs latéraux
Les deux tiges courtes tournées vers l'arrière, montées sur le V-bar. Elles équilibrent l'arc latéralement, là où la longue tige avant l'équilibre d'avant en arrière.
Poupée inférieure
La même gorge, en bas. C'est par les deux poupées que la corde se monte et se démonte, au bandoir : jamais à la main ou au pied, sous peine de vriller une branche.
La corde de près
Sur une photo d'arc entier, un point d'encochage ne fait que quelques pixels : il est bien là, et on ne le voit pas. Ce gros plan montre ce que l'échelle efface.

Corde
Les brins nus, torsadés ensemble. C'est la partie qui travaille, et celle qu'on remplace quand la corde fatigue.
Tranche-fil
Le surliage qui double la corde là où les doigts et l'encoche la sollicitent. Sans lui, elle s'userait à cet endroit en quelques dizaines de flèches ; on refait le tranche-fil sans changer la corde.
Point d'encochage (mm)
Le serti métallique pincé sur le tranche-fil. C'est contre lui que l'encoche de la flèche vient se caler, toujours au même endroit — c'est tout son intérêt. Sa hauteur exacte est un réglage, décrit plus bas.
Les réglages de l'arc classique
Ce qui suit décrit ce qu'est chaque réglage et sur quoi il agit. Les valeurs indiquées sont des ordres de grandeur d'usage, pas des règles : le bon réglage est celui qui va à ton arc et à ton geste, et il se trouve avec ton entraîneur.
Band
La distance entre la corde et le creux du grip, arc bandé et au repos. On la mesure perpendiculairement, et elle se change en torsadant la corde : plus de torsades la raccourcissent, donc augmentent le band. Compter 8 à 9,5 pouces selon la longueur de l'arc. Trop bas, l'arc est vif mais sec ; trop haut, il est doux mais perd en vitesse.
Tiller
L'écart entre les deux branches. On mesure, sur chaque branche, la distance entre la corde et le point où la branche rejoint la poignée : le tiller est la différence entre les deux mesures. La branche haute est généralement 3 à 6 mm plus « ouverte » que la basse, parce que la main tire sous le milieu de l'arc.
Point d'encochage (mm)
Le repère fixé sur la corde, contre lequel l'encoche de la flèche vient se placer. Il se situe quelques millimètres au-dessus de la perpendiculaire au repose-flèche, pour que la flèche parte à plat. Trop haut ou trop bas, elle sort en tanguant.
Allonge (pouces)
La longueur mesurée entre la corde et le creux du grip quand tu es en pleine allonge, augmentée de 1,75 pouce par convention. Elle dépend de ta morphologie et de ta position, pas de l'arc. C'est elle qui détermine la longueur de tes flèches et la puissance réelle de tes branches.
Poids réel aux doigts (lbs)
La puissance que tu tires vraiment. Les branches sont marquées pour 28 pouces d'allonge : au-dessous tu tires moins, au-dessus tu tires plus — de l'ordre de 1 livre par quart de pouce. C'est ce poids réel, et non celui gravé sur la branche, qui compte pour choisir le spine de tes flèches.
Réglage du berger
Le berger button est un piston à ressort qui dépasse dans la fenêtre. La flèche s'y appuie et il cède un peu au départ, ce qui corrige sa flexion. Deux choses se règlent : sa sortie (de combien il dépasse, ce qui aligne la flèche) et sa dureté (la tension du ressort).
Clicker
Une fine lame montée devant la fenêtre, sous laquelle la pointe de la flèche passe. Quand la pointe la libère, elle claque : c'est le signal que l'allonge est atteinte. Son réglage est une position, en avant ou en arrière, et il dépend de la longueur de tes flèches.
Nombre de brins
Le nombre de fils qui composent la corde. Moins de brins, c'est plus rapide mais plus sec et plus fragile ; plus de brins, c'est plus doux et plus durable. Le nombre se choisit selon la puissance de l'arc et le matériau de la corde.
L'arc à poulies
Aussi appelé compound. Une came à chaque extrémité démultiplie l'effort : la puissance monte en début d'allonge puis retombe une fois l'allonge atteinte. On tient donc l'arc en pleine allonge avec une fraction seulement de sa puissance, ce qui change tout le matériel autour.

Cames
Les deux poulies excentrées, aux extrémités des branches. Ce sont elles qui produisent le let-off, et qui arrêtent l'allonge net à une longueur fixe : un arc à poulies ne se tire pas à une allonge choisie, il se règle à la tienne.
Branches
Bien plus courtes et bien plus raides que sur un classique, et souvent doubles. Elles ne fléchissent que de quelques centimètres. Leur puissance se règle en serrant ou desserrant les vis qui les fixent à la poignée, dans une plage donnée par le fabricant.
Corde
Celle qui pousse la flèche. Elle passe sur les deux cames et porte la visette et la boucle en D. Contrairement au classique, on ne la torsade pas librement : sa longueur fait partie du réglage de l'arc.
Câbles
Ils relient les deux cames entre elles et les font tourner ensemble. Ils passent derrière la corde, écartés sur le côté par l'écarteur de câble pour laisser passer l'empennage. Leur longueur règle la synchronisation des cames.
Poignée
Plus longue et bien plus rigide que celle d'un classique, souvent en aluminium usiné dans la masse. Elle porte tout : branches, viseur, repose-flèche, stabilisation.
Viseur à scope
Un viseur à boîtier, monté au bout d'une longue potence. Il contient une lentille grossissante et un point lumineux. Il est souvent doublé d'un niveau à bulle, qui indique si l'arc est bien vertical.
Écarteur de câble
Le bras vissé sur la poignée, terminé par un patin où coulissent les câbles. Il les tire sur le côté pour dégager la ligne de visée et laisser passer l'empennage. À ne pas confondre avec le séparateur de brins, qui est sur la corde.
Repose-flèche
Le support sur lequel la flèche repose, vissé dans la fenêtre de la poignée, juste au-dessus de la main. Ce qu'il y a à y régler est décrit plus bas.
Stabilisation
Même rôle qu'en classique, mais plus longue et plus lourde : l'arc est plus lourd et le maintien en pleine allonge dure plus longtemps, donc la stabilisation travaille davantage.
La corde de près
Sur une photo d'arc entier, un point d'encochage ne fait que quelques pixels : il est bien là, et on ne le voit pas. Ce gros plan montre ce que l'échelle efface.

Corde
Les brins, qui se séparent ici en deux faisceaux pour laisser passer le regard.
Séparateur de brins
Les petites pièces qui écartent les brins de part et d'autre de la visette, et la maintiennent à sa place.
Visette
L'œilleton, vu de côté : son trou traverse la corde, et c'est par là que l'archer regarde. Sa hauteur est un réglage, décrit plus bas.
Les réglages de l'arc à poulies
Un arc à poulies se règle beaucoup plus finement qu'un classique, et plusieurs de ses réglages demandent une presse. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur d'usage : le réglage se fait avec ton entraîneur ou ton armurier.
Band
Comme en classique, la distance entre la corde et le grip au repos — mais ici elle n'est pas libre : elle découle de la longueur des câbles et de la corde, et le fabricant donne la valeur attendue. Compter 6 à 7 pouces, nettement moins qu'un classique.
Allonge (pouces)
Elle est fixée par l'arc, pas par toi : la came bute à une longueur donnée. On la règle en changeant de module ou en déplaçant une vis sur la came, par pas d'un quart ou d'un demi-pouce. Une allonge mal réglée s'aggrave à chaque flèche, parce qu'on ne peut pas la rattraper au geste.
Poids réel aux doigts (lbs)
Le pic de puissance, atteint au milieu de l'allonge, et non le poids que tu tiens en pleine allonge. Il se règle en tournant les vis de branches, ce qui en modifie la flèche — toujours du même nombre de tours des deux côtés, sans dépasser la plage du fabricant.
Let-off
La part de la puissance que les cames vous épargnent en pleine allonge, en pourcentage. À 70 % de let-off sur un arc de 50 livres, on ne tient plus que 15 livres. Compter 65 à 90 % selon les cames ; plus il est élevé, plus l'arc est confortable, moins il pardonne un relâchement.
Visette
Un petit œilleton inséré dans la corde, entre les brins, par lequel on regarde. Il tient lieu de viseur arrière : c'est l'alignement entre lui et le scope qui donne la visée. Sa hauteur sur la corde se règle une fois pour toutes, selon ta position de tête.
Boucle en D
Une petite boucle de cordelette nouée sur la corde, de part et d'autre de l'encoche. C'est elle que le décocheur pince, et non la corde elle-même : la traction s'exerce ainsi dans l'axe de la flèche, et la corde ne s'use pas au même endroit.
Repose-flèche
Le plus souvent un repose-flèche escamotable : un bras qui soutient la flèche et s'efface au départ pour ne pas toucher l'empennage. Sa hauteur et sa position latérale se règlent, et c'est le premier réglage à reprendre si les flèches ne partent pas droit.
Décocheur
On ne tire pas un arc à poulies avec les doigts : un décocheur s'accroche à la boucle en D et libère la corde par une gâchette. Il existe des modèles à poignée et des modèles de poignet ; leur sensibilité et leur course se règlent.
La flèche
Une flèche n'est pas un accessoire : c'est elle qui vole, et un jeu mal adapté à ton arc se voit plus qu'un réglage approximatif. Elle se compose de quatre pièces, et se choisit en fonction de ta puissance réelle et de ton allonge.

Pointe
Vissée ou collée à l'avant. Son poids se mesure en grains (1 grain = 0,065 g) et compte autant que le tube : alourdir la pointe assouplit le comportement de la flèche, l'alléger le raidit. Sa forme varie selon la cible visée — ogivale sur blason, plus large en 3D.
Tube
Le corps de la flèche, en carbone, en aluminium, en composite des deux — ou en bois comme sur la photo, ce que tirent encore l'arc droit et l'arc chasse. Deux chiffres le définissent : son spine, c'est-à-dire sa raideur, et sa longueur. Le spine se choisit selon la puissance réelle que tu tires et ton allonge — un tube trop souple ou trop raide part de travers, quel que soit le réglage de l'arc.
Plumes
Trois — parfois quatre — ailettes collées à l'arrière, en plastique ou en plumes naturelles. Elles stabilisent la flèche en vol. Leur taille et leur pose (droite, oblique ou hélicoïdale) décident de la vitesse à laquelle la flèche se stabilise, et de ce que ça lui coûte en vitesse.
Encoche
La petite pièce fendue à l'arrière, qui vient se clipser sur la corde. Elle doit tenir sans forcer : trop serrée, elle freine le départ ; trop lâche, la flèche tombe du repose-flèche. C'est une pièce d'usure, qu'on remplace sans état d'âme.
Et ensuite
Tu peux noter tout cela dans Mon matériel : un arc par ligne, avec ses réglages, et tes jeux de flèches. Le site garde aussi tes repères de viseur distance par distance. Ce qui ne s'y trouve pas — comment te placer, comment décocher, quoi corriger quand une flèche part de travers — se travaille avec ton entraîneur.